[ Chambre Froide ]
Pour Halfy,
Quel est donc ce lointain bruit, que d'ici je peux entendre geindre ?
Est-ce une âme évidée, un être éloigné, incapable de me rejoindre ?
La Résistance se crée, imprévisible,
Ne s'avoue allouer le perfectible.
La vérité sur le papier, enfin s'écoule.
On s'obstine, se dépêtre de ce qui croule.
L'issue se morfond dans les fin-fonds,
Les roches craquèlent,
Les ponts chancèlent,
Tout se meurt en aversion.
Les contre-maîtres nous montent l'un l'autre,
Les orfèvres s'attifent de leurs plus beaux apparats,
Notre déchirure leurs inspire de riches parures.
C'est le déblaiement du sentiment de façade,
L'Envolée révèle un damier des plus fades.
Les pions se déplacent, c'est l'échec des tentatives.
La corniche est atteinte, c'est la chute des directives.
Notre amour interpelle leur enfance révolue,
Ce sont de briques crues d'impuretés, drues de regrets,
Qu'ils emmurent.
Censure des ondes téléphoniques,
S'en suivent les ordres arithmétiques.
Tout s'effondre, l'Ordre déchante lorsque l'Ode râle
Les Bourreaux s'élèvent, la Raison croupit,
Consciente du poids de l'amère hypocrisie.
Défaitiste mais réaliste, l'espoir cède sa place.
La sèche science, l'aride distance martèle la pensée lasse.
En les fureurs germent leurs aspirations,
Notre corps jeté en jachère,
N'en est que l'illustre introduction.
La languissante autorité fit émigrer la haine en enchère,
Qui se verra vendue au prix d'une fuite, d'un rite sans réelle suite.
La demande fut invective, la réponse fut inflexible.
Je ne sais ce qu'il en advient, ce que tu deviens.
C'est encore une de ces journées sans bruit, sans voix.
C'est encore une de ces journées sans cri, sans toi.
~ Zwergf
[ Pour ceux qui auraient reconnu, les deux derniers vers sont tirés d'un de mes anciens textes, mais j'ai dû compiler ce que j'avais de mieux pour ce genre d'évènement
]